La microkiné est méconnue du grand public, et assez mal vue par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Je n’ai personnellement aucune formation en microkiné, mais je me suis renseigné pour comprendre ce que fait un microkinésithérapeute au quotidien.
Avec le mot microkiné, on pense tout de suite à un « petit » kiné, une version mineure de la kinésithérapie. En réalité, la microkiné se situe à la frontière entre la kinésithérapie et l’ostéopathie, et n’a pas grand-chose à voir avec cette idée de « petite » pratique.
Le préfixe « micro » prête à confusion. Il ne s’agit pas d’une thérapie au rabais, mais d’une approche qui travaille sur des signaux fins, une écoute des tissus bien plus subtile qu’un geste de rééducation classique. C’est cette finesse d’écoute qui donne son nom à la pratique, pas une quelconque idée de « petit » soin.
Beaucoup de patients découvrent la microkiné par le bouche-à-oreille, sans vraiment savoir à quoi s’attendre. Il me semble important de bien poser ce qu’elle est, et surtout ce qu’elle n’est pas, avant d’y avoir recours.
C’est l’utilisation de la fasciathérapie qui fait le lien entre ces deux pratiques. Cette écoute et cette correction des tissus, on la retrouve encore chez certains kinés, mais de moins en moins dans la formation actuelle. Elle est davantage présente dans la formation d’ostéopathe, même si certains praticiens la laissent de côté une fois diplômés.
La microkiné est une thérapie douce, basée sur l’écoute du patient et l’écoute des tissus, à la croisée de la kinésithérapie et de l’ostéopathie.
«Une question sur une prise en charge en cabinet ?»
Prendre rendez-vous en ligneDe par cette technique basée sur l’écoute, il est difficile de démontrer scientifiquement l’efficacité de la microkiné. Je comprends la réticence de certains confrères à ce sujet. Cette pratique me semble donc réservée à des praticiens qui deviennent de véritables spécialistes de cette écoute, et à des patients à l’aise avec l’idée de se faire soigner sans vraiment bouger pendant la séance.
Si vous envisagez la microkiné, renseignez-vous sur la formation du praticien. C’est une pratique où l’expertise fait une vraie différence, bien plus que dans une rééducation classique aux gestes plus standardisés.
Je pense que la microkiné s’adresse à certaines situations, mais pas à toutes. Pour une entorse de cheville récente, il faut avant tout de la rééducation active, avec renforcement musculaire et travail de la stabilité. Mais pour une entorse de cheville qui reste douloureuse deux ans après le traumatisme, la microkiné peut alors devenir une piste intéressante.
Je n’ai pas de formation en microkiné et je ne la pratique pas moi-même, mais je pense qu’elle a sa place pour certains patients et certaines situations, en particulier les douleurs anciennes qui n’ont pas répondu aux approches plus classiques. Ce n’est pas une solution universelle, mais ce n’est pas non plus à écarter d’un revers de main.
Une douleur ancienne qui persiste ?
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