Douleur à l’aine qui s’installe match après match, la pubalgie touche surtout les footballeurs que je reçois en cabinet, avec ou sans opération selon les cas. C’est une blessure qui demande une rééducation sérieuse et très précise. Voici comment je la comprends, je la traite, et ce que vous pouvez faire de votre côté.
Sommaire
La pubalgie regroupe plusieurs lésions situées autour de la symphyse pubienne, la zone où se rejoignent les muscles abdominaux et les adducteurs. On distingue généralement trois formes, la pubalgie pariéto-abdominale, la tendinopathie des adducteurs, et la pubalgie d’origine ostéo-articulaire. Ces trois formes peuvent d’ailleurs coexister chez un même patient.
Dans mon cabinet, je reçois surtout des footballeurs pour cette blessure, avec ou sans opération selon la gravité et l’ancienneté des symptômes. Elle est liée à la répétition de frappes, de changements de direction et de rotations forcées du bassin, des gestes que ce sport sollicite en permanence.
Les footballeurs qui enchaînent frappes, changements de direction et duels répétés
Une reprise brutale après une coupure, une pré-saison intense ou une hausse soudaine du volume
Un antécédent de blessure à l’aine ou une tendinopathie des adducteurs mal rééduquéeLe test de Copenhague, jambe posée sur un banc et bassin maintenu aligné, est à la fois un bon indicateur de la force de vos adducteurs et un excellent exercice de renforcement. Je l’utilise autant pour évaluer que pour rééduquer.
La pubalgie demande une rééducation sérieuse et très précise. Ce qui fait la différence, c’est la quantification, je mesure la douleur et la charge pendant les séances, mais aussi en dehors, à l’entraînement et en match. Sans ce suivi chiffré, il est très difficile d’ajuster le protocole au bon rythme.
C’est la part des blessures subies chaque saison par les footballeurs qui touchent la région pubienne, ce qui en fait l’une des pathologies les plus fréquentes de ce sport.
Je demande à mes patients de noter leur douleur avant, pendant et après chaque séance d’entraînement, ainsi que le volume réalisé. Cette quantification me permet d’augmenter la charge progressivement, sans jamais dépasser le seuil qui relance l’inflammation.
Beaucoup de joueurs veulent reprendre l’entraînement complet dès que la douleur diminue au repos. C’est trompeur, la vraie question n’est pas de savoir si la douleur a disparu au repos, mais si elle réapparaît sous charge, en particulier sur les changements de direction et les frappes.
«Prêt à démarrer votre rééducation ?»
Prendre rendez-vous en ligneLe protocole que je mets en place associe un bilan précis, un travail de mobilité de hanche, un renforcement ciblé des adducteurs et de la sangle abdominale, puis une réathlétisation progressive jusqu’aux changements de direction. Chaque étape est quantifiée avant de passer à la suivante.
L’exercice de Copenhague peut se faire dès les premières semaines à faible amplitude, puis progresser vers l’amplitude complète. Je le fais régulièrement repasser en test avant chaque séance pour objectiver les progrès.
La pubalgie se rééduque bien, avec ou sans opération, à condition d’une prise en charge sérieuse, précise, et rigoureusement quantifiée.
«Une douleur à l’aine qui dure depuis plusieurs semaines ? Parlons-en.»
Réserver un bilan
En tant qu’ostéopathe en plus de kinésithérapeute, je porte une attention particulière à la mobilité de hanche. Un déficit de rotation ou d’extension de hanche augmente les contraintes sur la symphyse pubienne et les adducteurs à chaque frappe ou changement de direction.
Travailler cette mobilité dès les premières séances, en complément du renforcement, fait souvent gagner un temps précieux sur la suite de la rééducation.
Mes compétences d’ostéopathe me permettent de traiter directement les restrictions de mobilité de hanche que je retrouve chez la plupart des footballeurs pubalgiques. Ce n’est pas systématique, mais quand la hanche est en cause, corriger cette mobilité change vraiment la vitesse de progression.
Je reçois des footballeurs avec ou sans opération. Le traitement conservateur reste la première intention pendant plusieurs semaines, la chirurgie n’est envisagée que si une rééducation bien menée ne suffit pas à faire disparaître les symptômes.
Après une opération, le protocole reprend les mêmes fondamentaux, bilan, quantification, mobilité de hanche et renforcement, mais avec un calendrier de reprise adapté aux délais de cicatrisation.
La reprise des changements de direction est l’étape clé vers le retour au sport. C’est un mouvement exigeant pour l’aine, je le réintroduis donc progressivement, sous contrôle, avant d’envisager un retour à l’entraînement collectif puis à la compétition.
Avant d’autoriser un retour à la compétition, je réalise systématiquement un bilan précis, force des adducteurs, mobilité de hanche, tolérance aux changements de direction à pleine vitesse. C’est ce bilan qui donne le feu vert, pas uniquement la disparition de la douleur.
C’est le taux de réussite d’un traitement conservateur bien mené avant même d’envisager une opération, selon les études cliniques publiées sur la pubalgie du sportif.
Renforcer vos adducteurs avec l’exercice de Copenhague, progressivement et sans douleur vive
Travailler le gainage et la sangle abdominale plusieurs fois par semaine
Étirer régulièrement les adducteurs et les fléchisseurs de hanche
Reprendre la course et les changements de direction progressivement, jamais dans la douleurUne douleur à l’aine qui s’installe ?
Ne laissez pas la pubalgie perturber votre saison.