La rupture du ligament croisé antérieur, opérée ou non, est un classique des cabinets de kinésithérapie du sport. Les protocoles sont très formalisés, mais je trouve qu’il faut systématiquement sortir de ce cadre rigide pour s’adapter au rythme propre de chaque patient, qu’il soit plus rapide ou plus lent que la moyenne. Voici comment je dose cette rééducation, étape par étape, sur environ 6 mois.
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La prise en charge des ruptures du ligament croisé antérieur, qu’il soit opéré ou non, est un classique de mon cabinet de kinésithérapie du sport. Ces rééducations sont très formalisées, avec des protocoles précis et des délais bien établis. Mais par expérience, je trouve qu’il faut systématiquement sortir de ce cadre rigide pour s’adapter au patient, aller à son propre rythme, qu’il soit plus rapide ou plus lent que ce que prévoit la fiche protocole.
Pour adapter la rééducation, il faut avant tout être à l’écoute du patient, le guider et le rassurer au début, quand la douleur, le gonflement et l’appréhension dominent. Mais l’inverse est tout aussi vrai. Souvent, quand le genou ne fait plus mal et qu’il bouge bien, c’est au kiné de freiner le patient, pas de le laisser accélérer.
C’est à moi de doser la rééducation en fonction de la période post-opératoire, pas uniquement en fonction des sensations du patient à l’instant T. Un genou qui se sent bien à 8 semaines n’a pas forcément la solidité ligamentaire nécessaire pour encaisser un pivot ou une décélération brutale.
Les patients les plus difficiles à gérer ne sont pas ceux qui ont peur, mais ceux qui n’ont plus peur du tout, trop tôt. C’est justement là que le rôle du kiné prend tout son sens, savoir dire non à une envie d’accélérer qui n’est pas encore raisonnable.
Je trouve que la première étape importante est la détente des ischio-jambiers, pour retrouver plus vite l’extension du genou et une marche fluide. Ce travail change concrètement les premières semaines, aussi bien en post-opératoire qu’en post-traumatique, avant même une éventuelle chirurgie.
Une extension complète du genou récupérée tôt évite les compensations de marche qui s’installent vite et qui deviennent, elles-mêmes, une source de gêne à corriger plus tard.
Une extension de genou qui tarde à revenir freine toute la suite de la rééducation. C’est souvent le premier objectif que je fixe, avant même de parler de renforcement.
«Une rééducation de LCA à démarrer ou à relancer ?»
Prendre rendez-vous en ligneLe drainage du genou, notamment au niveau du creux poplité, à l’arrière du genou, est une partie importante de la prise en charge. Un genou qui reste gonflé inhibe la contraction du quadriceps de façon réflexe, ce qui ralentit toute la relance musculaire qui suit.
Détente des ischio-jambiers et drainage du genou sont les deux priorités des toutes premières semaines, avant même de penser au renforcement.
Ensuite vient la relance musculaire, avec le choix des bons exercices et, avant tout, le bon dosage. Il faut faire un maximum d’effort, sans douleur ni gonflement. C’est cet équilibre qui détermine la vitesse de progression sur les semaines suivantes.
J’utilise souvent le BFR, le blood flow restriction, pour cette relance musculaire. Il s’agit de stresser le muscle sans mettre de contrainte sur l’articulation, en restreignant partiellement le flux sanguin pendant l’exercice. C’est un outil précieux dans les phases où le genou ne peut pas encore encaisser une charge mécanique importante.
Le BFR a changé ma façon de gérer la relance musculaire post-LCA. Il permet de générer un vrai stress métabolique sur le quadriceps et les ischio-jambiers, sans exposer le greffon ligamentaire à une charge qu’il n’est pas encore prêt à encaisser.
Il faut ensuite adapter le renforcement musculaire en fonction du type de chirurgie, c’est-à-dire du site de prélèvement du greffon, ischio-jambiers ou tendon quadricipital. Chaque option impose ses propres précautions et son propre calendrier de renforcement pour le groupe musculaire concerné.
Enfin, il faut assez rapidement orienter les exercices actifs selon l’objectif du patient, qu’il soit sportif ou non. Ensuite, on adapte la rééducation en fonction du sport pratiqué, un pivot pour le football ou le handball ne se travaille pas comme une reprise de course à pied en ligne droite.
Les rééducations de LCA sont intéressantes à accompagner, parce qu’on voit les progrès semaine après semaine, sur une durée d’au moins 6 mois. C’est une prise en charge longue, mais qui offre une visibilité rare sur l’évolution réelle d’un patient.
C’est le nombre de mois minimum sur lesquels s’étale une rééducation de LCA bien menée, avant d’envisager un retour complet au sport pivot-contact.
Une rééducation de LCA à accompagner sur la durée ?
Parlons de votre rythme et de vos objectifs.