Blessures osseuses de la jambe et du pied

Périostite tibiale, la blessure de dosage que je vois revenir chaque saison.

Coureuse en pleine foulée en extérieur

Comme la majorité des blessures en course à pied, la périostite est due à un problème de dosage, trop de contrainte sur le tibia par rapport aux capacités du moment. Le corps a mal et envoie un message clair, il faut renforcer cette zone. Voici comment je la comprends, comment mon regard d’ostéopathe et la fasciathérapie ciblent précisément la douleur, et comment je remets la jambe en contrainte progressivement.

Coureuse en pleine foulée en extérieur

Comme la majorité des blessures que je vois en course à pied, la périostite tibiale est due à un problème de dosage. Trop de contrainte sur le tibia par rapport aux capacités du moment. Le corps fait mal et envoie un message clair, il faut renforcer cette zone. Le traitement de la périostite passe donc avant tout par une remise en contrainte progressive, pas par du repos strict et prolongé.

Un problème de dosage, pas de fragilité

Une périostite n’est pas le signe d’un tibia fragile ou mal formé, c’est le signe d’une augmentation trop rapide du volume ou de l’intensité d’entraînement par rapport à ce que la structure osseuse et les tissus qui l’entourent pouvaient absorber à ce moment-là. Un changement de surface, de chaussures, une reprise après une coupure, une hausse brutale du kilométrage, sont les déclencheurs que je retrouve le plus souvent en interrogatoire.

L’œil du kiné

Le repos total soulage la douleur mais ne règle rien sur le fond. Si vous reprenez la course exactement au même volume qu’avant l’arrêt, la périostite revient presque toujours, parce que la vraie cause, le dosage, n’a jamais été traitée.

Pourquoi le pied, le genou et le bassin comptent autant que le tibia

Le traitement de la périostite ne se limite jamais au tibia lui-même. Je travaille aussi les muscles voisins stabilisateurs, mais également le pied, le genou et le bassin, pour que la mécanique de course dans son ensemble soit efficace, avec une bonne répartition des contraintes sur toute la jambe plutôt qu’une concentration excessive sur le tibia.

Un pied qui s’affaisse trop, un genou qui part en rotation interne, un bassin instable à l’appui, augmentent chacun la contrainte locale sur le tibia à chaque foulée. Corriger ces éléments en parallèle du renforcement local est ce qui évite la récidive une fois la course reprise.

  • 1Les muscles stabilisateurs de la jambe, tibial postérieur et péroniers en particulier, qui protègent directement le tibia à l’appui
  • 2La mécanique du pied, sa capacité à absorber puis à propulser sans excès de contrainte transmise au tibia
  • 3Le contrôle du genou et du bassin, pour une répartition homogène des charges sur toute la chaîne

«Une douleur de tibia qui revient à chaque reprise de course ?»

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Thibault Vignais accompagnant une patiente lors d'un exercice de rééducation guidée

Mon travail d’ostéopathe dès la première séance

Mon travail d’ostéopathe me sert dès le début de la prise en charge, dès la première séance, pour travailler manuellement la zone tendue autour du tibia. Cette approche tissulaire précoce aide à diminuer rapidement la douleur avant même que le renforcement n’ait eu le temps de faire effet.

Thibault Vignais

Mon avis ostéo

Sur une périostite, je commence quasiment toujours par un travail manuel de la zone tendue, dès la première séance. Ce n’est pas un traitement en soi, mais un moyen efficace de calmer la douleur pendant qu’on remet la remise en charge en route.

La fasciathérapie pour cibler précisément la douleur

L’utilisation de la fasciathérapie permet de cibler précisément les zones responsables de la douleur, en travaillant sur les tensions du fascia qui entoure le tibia et les muscles voisins. C’est une technique douce, qui complète bien le travail tissulaire manuel et le renforcement progressif.

Astuce kiné

Le renforcement du tibial postérieur, en montée sur pointe de pied en légère inversion, est un exercice simple à démarrer en complément du travail manuel, tant qu’il reste sans douleur vive.

La remise en contrainte progressive

Le traitement des périostites passe par de la remise en contrainte progressive. Il ne s’agit pas de tout arrêter en attendant que la douleur disparaisse, mais de doser précisément le volume et l’intensité de course tolérés, puis de les augmenter très progressivement, semaine après semaine.

Travail manuel et fasciathérapie

Pour diminuer rapidement la douleur et détendre la zone, en parallèle d’une réduction temporaire du volume de course, pas d’un arrêt complet.

Renforcement des stabilisateurs

Tibial postérieur, péroniers, mollet, avec une charge qui augmente selon la tolérance réelle, sans jamais dépasser une douleur légère.

Remise en charge du tibia

Réintroduction du saut et des impacts, puis reprise de la course sur un volume réduit, augmenté ensuite de façon très progressive.

À retenir

Une périostite se traite en remettant le tibia en contrainte progressivement, pas en l’évitant indéfiniment.

Ce que vous pouvez faire chez vous

  • Réduire temporairement le volume de course plutôt que l’arrêter complètement, sauf douleur vive
  • Renforcer le tibial postérieur et les péroniers avec des exercices simples sur pointe de pied
  • Travailler la mécanique du pied et le gainage du bassin, pas seulement la zone douloureuse
  • Réaugmenter le volume de course très progressivement, jamais de plus de 10% par semaine
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