Douleur profonde sous la fesse qui ne cède pas malgré un protocole de kiné classique, c’est ce qui amène le plus souvent mes patientes au cabinet, presque toujours des danseuses, en danse classique et barre au sol ou en pole dance. Cette blessure demande une double approche, kiné et ostéopathe, pour être vraiment soulagée. Voici comment je la comprends, je la traite, et ce que vous pouvez faire de votre côté.
Sommaire
Les trois muscles ischio-jambiers s’attachent ensemble sur l’ischion, l’os que l’on sent sous la fesse en position assise. Quand cette insertion est soumise à des étirements répétés en position extrême, hanche fléchie et genou tendu, de petites lésions apparaissent au niveau du tendon. C’est ce qu’on appelle la tendinopathie des ischio-jambiers à l’insertion haute, une douleur profonde sous la fesse, bien différente d’une simple contracture musculaire.
Dans mon cabinet, ce sont presque systématiquement des femmes que je reçois pour cette blessure, quasiment toujours des danseuses, en danse classique et barre au sol ou en pole dance. Ces deux pratiques demandent des amplitudes de hanche extrêmes qui sollicitent fortement cette insertion tendineuse.
Les danseuses de danse classique et de barre au sol, avec leurs grands écarts et amplitudes extrêmes
Les pratiquantes de pole dance, sur des positions de hanche extrêmes tenues sous charge
Toute personne qui cumule position assise prolongée et étirements répétés en flexion de hanchePendant les phases douloureuses, évitez de rester longtemps assise sur une surface dure et repoussez les étirements en grand écart. La compression répétée de l’insertion entretient l’irritation autant que l’étirement lui-même.
C’est la particularité de cette blessure, la douleur ne passe pas avec un protocole de kiné classique. Beaucoup de mes patientes ont déjà suivi plusieurs mois de rééducation standard avant d’arriver au cabinet, sans réelle amélioration. Le signe qui doit alerter, c’est une douleur profonde et bien localisée sous le pli de la fesse, nettement majorée par la position assise prolongée.
C’est la durée moyenne des symptômes rapportée chez des sportifs pris en charge chirurgicalement après échec d’un traitement conservateur classique, selon une étude portant sur cette tendinopathie. Un délai qui montre à quel point elle est souvent mal identifiée.
Dans les études cliniques sur cette tendinopathie, les femmes sont largement majoritaires parmi les patients suivis, une tendance que je retrouve aussi dans mon cabinet, avec une très large majorité de danseuses.
Un protocole de renforcement classique, même bien mené, ne suffit souvent pas à lui seul sur cette insertion précise. Dans mon expérience, c’est la combinaison avec un travail ostéopathique ciblé qui fait vraiment la différence, pas le renforcement seul, aussi rigoureux soit-il.
«Une douleur sous la fesse qui traîne ?»
Prendre rendez-vous en ligneLe protocole que je mets en place associe un bilan précis, une gestion fine de la charge, un travail kiné de renforcement progressif, et surtout un travail ostéopathique sur la mobilité de hanche et le fascia de la cuisse et du bassin. C’est cette association qui permet de soulager durablement et de reprendre le mouvement librement.
Sur les longs trajets ou pendant les cours, utilisez un coussin ou une assise plus souple pour réduire la compression directe sur l’ischion. Un petit geste qui limite l’irritation entre les séances.
Cette tendinopathie se soulage bien, mais rarement avec un protocole de kiné seul, la mobilité de hanche et la fasciathérapie font souvent toute la différence.
«Une douleur qui n’a jamais vraiment cédé ? Parlons-en.»
Réserver un bilan
En tant qu’ostéopathe en plus de kinésithérapeute, je ne me limite pas au tendon lui-même. Un manque de mobilité de hanche augmente la traction sur l’insertion à chaque flexion de hanche prononcée, exactement les positions que la danse et la pole dance sollicitent en permanence.
J’associe systématiquement un travail de fasciathérapie sur la cuisse et le bassin, qui relâche les tensions globales autour de l’insertion et redonne de la liberté de mouvement, bien au delà de ce qu’un travail purement local peut apporter.
Sur cette blessure précise, mes compétences d’ostéopathe ne sont pas un simple complément, elles sont indispensables. La mobilité de hanche et la fasciathérapie de la cuisse et du bassin sont, dans mon expérience, ce qui permet vraiment de soulager la douleur et de retrouver un mouvement libre, là où un travail kiné seul montre ses limites.
Les ondes de choc, le protocole de Jill Cook ou celui de Stanish sont des références reconnues pour beaucoup de tendinopathies. Sur cette insertion haute des ischio-jambiers, dans mon expérience clinique, ils ne donnent pas les résultats attendus chez mes patientes, malgré une application rigoureuse.
Ce n’est pas une remise en cause de ces approches en général, mais un constat de terrain sur cette blessure précise, qui me pousse à toujours associer le travail ostéopathique dès le départ plutôt qu’en dernier recours.
Ondes de choc, protocole de Jill Cook, protocole de Stanish, aucun de ces trois protocoles n’a suffi seul, dans mon expérience, à soulager durablement cette insertion.
C’est le message principal que je veux faire passer sur cette blessure, il faut la double pratique kiné et ostéopathe pour être vraiment efficace. Séparément, les deux approches soulagent partiellement, ensemble, elles permettent de reprendre le sport sans limite.
C’est la part de femmes retrouvée parmi les patients suivis pour cette tendinopathie dans les études cliniques publiées sur le sujet, une nette majorité que je retrouve chaque semaine en cabinet.
Étirer en douceur, sans jamais aller chercher la tension maximale
Travailler la mobilité de hanche régulièrement, en dehors des douleurs
Renforcer progressivement, jamais dans la douleur vive
Limiter la position assise prolongée sur une surface dure pendant les phases douloureusesUne douleur sous la fesse qui ne passe pas ?
Ne restez pas seule avec cette tendinopathie.